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Vous êtes ici : Accueil Notre action au PW Questions écrites L’augmentation du prix de l’électricité

L’augmentation du prix de l’électricité

01 octobre 2018 │ Question écrite de B. DREZE au Ministre CRUCKE - Réponse disponible

Monsieur le Ministre,


Une augmentation du coût de l’énergie a des impacts tant pour les particuliers que pour les entreprises.
J’ai pu lire récemment que le prix moyen de l’électricité serait aujourd’hui près de 90 à 100 euros plus cher que l’an dernier, soit 30€ par MW/h plus chère. C’est très interpellant !


Dans un article de presse, j’ai également pu voir que le MW aurait dépassé les 400 euros sur les marchés soit plus de dix fois supérieur aux 35 euros le MW de moyenne, observé en 2017. Quand on voit les prix des marchés pour 2019, on devrait atteindre une moyenne de 70 euros.


Monsieur le Ministre, comment une telle situation est-elle possible ? Pouvez-vous l’éclaircir et l’expliquer, car tout n’est certainement pas lié au nucléaire ? Pourquoi subissons-nous une telle augmentation ? Quel sera l’impact pour les consommateurs moyens et pour les entreprises ? Cette situation est-elle amenée à perdurer ? Quelles sont les mesures prises pour revenir à une facture moins élevée ?

D’avance, je vous remercie pour vos réponses.

 

Réponse du Ministre J.-L. CRUCKE le 04/10/2018

Premièrement, il ne faut pas faire l’amalgame entre un prix court terme sur le marché spot influencé par la volatilité (cotation instantanée sur la bourse) et un prix à long terme sur le marché forward influencé par le coût marginal d’un parc de production (prix d’achat sur le long terme, en général un an).

La volatilité a toujours existé, et des prix qui passent la barre des 400 euros/MWh également. Cette volatilité ne va faire qu’augmenter avec la transition : la production variable et intermittente par définition non pilotable et le manque de fiabilité constatée du parc nucléaire en Belgique en sont les principales raisons. La flexibilité (déplacement de charge, stockage, délestage, génération flexible comme les TGV, …) permettra de limiter cette volatilité. Il s’agit de la combinaison nécessaire pour assurer le remplacement du nucléaire. C’est l’occurrence d’un prix spot élevé qui est susceptible d’influer le prix forward lorsqu’il est le signal d’un manque structurel de capacité de production sur le marché.

Le prix au consommateur est quant à lui déterminé par le prix forward, qui tient compte à plus long terme des outils disponibles sur le marché et de leur coût marginal. Nous devons à cet effet constater une augmentation entre le mois de janvier 2018, où le prix était encore de l’ordre de 35 euros/MWh et son prix actuel de l’ordre de 55 euros/MWh. Les prix de toutes les énergies fossiles suivent une courbe ascendante sur les marchés internationaux et l’électricité dont une partie est générée sur base de certaines de ces énergies n’échappe pas à cette hausse généralisée.

Cette augmentation, qui sera répercutée sur la facture des consommateurs, est due à l’augmentation des prix du charbon et du gaz sur les marchés internationaux -, des vecteurs d’énergie largement présents dans le mix énergétique européen - mais aussi à la hausse du prix de la tonne de carbone sur le marché européen (passant de ~5 euros/t à ~25 euros/t en 6 mois) et à l’indisponibilité plus structurelle de certains outils européens (nucléaires français notamment). Notons à cet égard que le parc nucléaire français est le plus important en Europe et représente 10 fois la capacité nucléaire installée en Belgique. Ces deux dernières années, les prix ont également augmenté de manière structurelle dans les autres pays de la zone CWE. Cette tendance devrait se maintenir. Par ailleurs, des prix forward jusqu’à 65 euros/MWh ont été observés. Ils peuvent être expliqués par l’effet d’ordre « psychologique » provoqué par l’arrêt de certaines centrales qui pousse momentanément le prix à la hausse. Nous avons pu observer ce phénomène ces dernières années avec un prix qui monte, parfois de manière significative, pour revenir à son niveau précédent un évènement tel que l’arrêt d’une centrale.

En conclusion, les prix structurels observés (~55 euros/MWh) seront répercutés sur la facture, par contre le prix spot (>400 euros/MWh) et les prix forward « choc » (~65 euros/MWh) ne devraient influencer le prix que s’ils s’inscrivent dans le temps, « signal » que le marché européen ne nous donne pas pour le moment. Par contre, ces prix sont un excellent indicateur pour alerter le marché et orienter les prises de décision.

Une évolution du prix des marchés ne se répercute pas de manière linéaire sur la facture d’un consommateur. Plusieurs raisons justifient cela : la compétitivité sur le marché (dans le top européen) limite la marge de manœuvre pour répercuter les augmentations sur le marché de gros ; les fournisseurs s’approvisionnent en prenant des positions sur les marchés à diverses échéances (la majeure partie du volume est à long terme et subit donc moins l’influence des prix spots, il s’agit généralement de transactions « over the counter » ou bilatérales privées à long terme).

La situation des clients est également différente s’ils ont un contrat à prix fixe ou à prix variable. Dans le cas d’un prix fixe, ils sont protégés de toute augmentation de la part énergie de leur facture jusqu’à l’échéance de leur contrat.

Enfin, l’augmentation du prix de l’électron n’impacte que la partie énergie pure de la facture qui constitue seulement un tiers de la facture d’électricité du résidentiel.
L'étude de la CREG sur le fonctionnement et l’évolution des prix du marché de gros belges de l'électricité - rapport de suivi 2016 indiquait que durant les derniers mois de 2016, la baisse de la capacité nucléaire en France et en Belgique, ainsi que la capacité d’interconnexion limitée dans la Région Central West Europe (CWE) ont fait pression sur les prix en Belgique et en France. Cette tendance semble donc encore se confirmer cette année.

En particulier pour les clients résidentiels, le rapport de la CWaPE du 3/08/2018 sur l'analyse des prix de l'électricité et du gaz naturel en Wallonie de janvier 2017 à juin 2018 confirme que la hausse de la facture totale de 3,65 % (32 euros) pour un client Dc s'explique principalement par l’augmentation de la composante « Energie ».

On peut également rappeler l'importance pour les consommateurs de comparer les offres des fournisseurs, notamment par les simulateurs tarifaires (CWaPE ou CREG Scan), en vue de trouver le produit le mieux adapté à leur profil.

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