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La sécurité des cyclistes

6 décembre 2018 | Question écrite de V. WAROUX au Ministre DI ANTONIO - Réponse disponible

Monsieur le Ministre,

 

Dans sa Déclaration de politique régionale 2017-2019, le Gouvernement wallon s’est engagé à « amplifier la prise en compte systématique des cyclistes dans la sécurisation des infrastructures ». Sensible à cette résolution, le GRACQ (Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens) s’est penché sur 23 chantiers affectant nos routes régionales.


L’association a ainsi constaté des améliorations pour dix d’entre eux, et se réjouit de la construction d’une piste cyclable clairement séparée dans sept cas sur dix. Cependant, des efforts restent à accomplir.
Face aux contraintes d’espace et de budget avancées par le SPW pour justifier que ces progrès ne soient pas davantage généralisés, le GRACQ propose plusieurs pistes pour atteindre l’objectif FAST du Gouvernement wallon, visant 5% de déplacements à vélo à l’horizon 2030.


L’association suggère ainsi d’augmenter le budget régional vélo (qui ne s’élève qu’à 5 € par an et par habitant, contre 10 € minimum requis), de systématiser la consultation des cyclistes, de promouvoir l’entretien des pistes cyclables, de protéger les usagers dits lents du trafic motorisé, et enfin de renforcer le revêtement des voies qui leur sont destinées.


Je profite de la présente question pour vous interroger sur l’évolution du dossier de contournement de Péruwelz traversant le zoning Polaris, qui, justement, ne comprenait pas de piste cyclable. Cette version « antique » des plans a-t-elle évolué ?


Face à l’urgence climatique, comment jugez-vous ces propositions ? Quelles suites comptez-vous leur donner en vue d’améliorer la sécurité des cyclistes ?


Je vous remercie d’avance pour vos réponses.

 

Réponse du Ministre C. DI ANTONIO le 31/12/2018

J’ai bien pris connaissance de l’observatoire cycliste 2018 des chantiers sur les routes régionales wallonnes publié par le GRACQ. Je me réjouis que le GRACQ constate une augmentation de la prise en compte des cyclistes dans 10 chantiers sur les 23 observés. C’est mieux que par le passé, mais il reste encore des cas où l’on peut mieux faire, j’en conviens.

Pour améliorer les choses et rencontrer la vision FAST d’une part modale du vélo de 5 % des déplacements en 2030, des moyens budgétaires conséquents seront nécessaires dans les années à venir.
Ainsi, dans le cadre du Plan wallon d’investissements, ce ne sont pas moins de 20 millions d’euros qui seront consacrés annuellement aux investissements en faveur des modes doux.

À côté de l’investissement, il faut aussi entretenir le réseau, notamment les pistes cyclables le long des routes régionales, c’est indispensable si l’on veut encourager l’usage du vélo en tout temps.
Là aussi les budgets d’entretien vont être majorés à l’avenir. Ainsi, dès 2019, le budget d’entretien des routes du SPW sera porté de 33 à 48 millions d’euros avec une condition particulière d’attention aux pistes cyclables. Ces budgets supplémentaires seront répartis, par district, proportionnellement à la longueur des pistes cyclables reprise dans la base de données routière. Ainsi, plus un district a de pistes cyclables, plus il recevra de budgets pour les entretenir.

Mais le budget n’est pas tout. Il faut aussi du personnel pour mettre en œuvre ces moyens et surtout du personnel sensibilisé à la prise en compte du vélo.
Ainsi cette année, à mon initiative, ce sont plus de 200 collaborateurs de la DGO1, techniciens de la voirie, en partant des dessinateurs jusqu’à des contrôleurs de chantier en passant par des ingénieurs et des chefs de districts, qui ont été formés, une journée durant, aux aménagements cyclables.

Ces agents de terrain s’ajoutent ainsi aux agents de la Direction des déplacements doux et aux correspondants cyclables - les Monsieur et Madame Vélo - des sept directions territoriales des routes, qui constituent un réseau d’experts en aménagement cyclable.

Enfin, des réunions entre les services territoriaux de la DGO1 et les représentants des locales du GRACQ ont été mises sur pieds dans les districts du Brabant Wallon, à Charleroi, Liège, et Mons, ainsi que prochainement à Namur. Le but de ces réunions est d’échanger entre usagers cyclistes et gestionnaires de voiries afin que chacun apprenne à connaître les attentes, mais aussi les contraintes de l’autre : les gestionnaires de voiries doivent comprendre les attentes des cyclistes, et les cyclistes doivent comprendre les contraintes des gestionnaires de voiries.

C’est ainsi par le dialogue qui débouche souvent sur des aménagements simples que l’on peut améliorer aussi la cyclabilité quotidienne de nos infrastructures.

Enfin, concernant le Contournement de Péruwelz, c’est un chantier d’aménagement principalement ciblé sur la circulation des voitures et des camions en vue de diminuer la charge sur la N60 et ainsi y sécuriser les espaces dédiés aux vélos.

Toutes les voiries de la ZAE « Polaris » sont équipées de pistes cyclables dont une voirie qui est parallèle au contournement. Le contournement est perméable aux cheminements cyclopiétons au niveau des giratoires qui sont tous équipés de pistes cyclopiétonnes périphériques avec traversées ad hoc. Enfin, de son côté, IDETA est chargée d’aménager une liaison cyclopiétonne entre la N60 et la ZAE via le halage du canal.

 

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